Quoi, déjà 10 ans qu'on a passé le nouveau millénaire?
Pas forcément dans l'ordre, voici les films qui m'ont le plus marquée, amusée ou émue... Certains choix pourront en étonner mais je place par-dessus tous critères celui du divertissement: si je me suis beaucoup amusée devant un film et que je peux le revoir plusieurs fois sans me lasser, c'est ma conception du "très bon film".
J'en profite pour rectifier une erreur impardonnable faite il y a quelques semaines: dans mon top 10 des réalisateurs américains en activité, j'avais inclus Ridley Scott... qui est britannique. Honte à moi.
La Communauté de l'Anneau
Master and Commander: de l'autre côté du monde
Moulin Rouge
Janis et John
Amélie Poulain
Amours suspectes
Collateral
Kingdom of Heaven (la version longue)
Devdas
La Fantôme de l'Opéra
Van Helsing
Le Royaume Interdit
Pride and prejudice
Marie-Antoinette
Pirates des Caraïbes: la malédiction du Black Pearl
Le Boulet
La Momie
Shanghaï Kid II
IV
Mais le plus merveilleux était qu’il y eût là, debout sur le dos rond de la planète, entre ce linge aimanté et ces étoiles, une conscience d’homme dans laquelle cette pluie pût se réfléchir comme dans un miroir. Sur une assise de minéraux un songe est un miracle. Et je me souviens d’un songe…
Échoué ainsi une autre fois dans une région de sable épais, j’attendais l’aube. Les collines d’or offraient à la lune leur versant lumineux, et des versants d’ombre montaient jusqu’aux lignes de partage de la lumière. Sur ce chantier désert d’ombre et de lune, régnait une paix de travail suspendu, et aussi un silence de piège, au cœur duquel je m’endormis.
Quand je me réveillai, je ne vis rien que le bassin du ciel nocturne, car j’étais allongé sur une crête, les bras en croix et face à ce vivier d’étoiles. N’ayant pas compris encore quelles étaient ces profondeurs, je fus pris de vertige, faute d’une racine à quoi me retenir, faute d’un toit, d’une branche d’arbre entre ces profondeurs et moi, déjà délié, livré à la chute comme un plongeur.
Mais je ne tombai point. De la nuque aux talons, je me découvrais noué à la terre. J’éprouvais une sorte d’apaisement à lui abandonner mon poids. La gravitation m’apparaissait souveraine comme l’amour.
Je sentais la terre étayer mes reins, me soutenir, me soulever, me transporter dans l’espace nocturne. Je me découvrais appliqué à l’astre, par une pesée semblable à cette pesée des virages qui vous appliquent au char, je goûtais cet épaulement admirable, cette solidité, cette sécurité, et je devinais, sous mon corps, ce pont courbe de mon navire.
J’avais si bien conscience d’être emporté, que j’eusse entendu sans surprise monter du fond des terres, la plainte des matériaux qui se réajustent dans l’effort, ce gémissement des vieux voiliers qui prennent leur gîte, ce long cri aigre que font les péniches contrariées. Mais le silence durait dans l’épaisseur des terres. Mais cette pesée se révélait, dans mes épaules, harmonieuse, soutenue, égale pour l’éternité. J’habitais bien cette patrie, comme les corps des galériens morts, lestés de plomb, le fond des mers.
Et je méditai sur ma condition, perdu dans le désert et menacé, nu entre le sable et les étoiles, éloigné des pôles de ma vie par trop de silence. Car je savais que j’userais, à les rejoindre, des jours, des semaines, des mois, si nul avion ne me retrouvait, si les Maures, demain, ne me massacraient pas. Ici, je ne possédais plus rien au monde. Je n’étais rien qu’un mortel égaré entre du sable et des étoiles, conscient de la seule douceur de respirer…
Et cependant, je me découvris plein de songes.
Ils me vinrent sans bruit, comme des eaux de source, et je ne compris pas, tout d’abord, la douceur qui m’envahissait. Il n’y eut point de voix, ni d’images, mais le sentiment d’une présence, d’une amitié très proche et déjà à demi devinée. Puis, je compris et m’abandonnai, les yeux fermés, aux enchantements de ma mémoire.
Il était, quelque part, un parc chargé de sapins noirs et de tilleuls, et une vieille maison que j’aimais. Peu importait qu’elle fût éloignée ou proche, qu’elle ne pût ni me réchauffer dans ma chair ni m’abriter, réduite ici au rôle de songe il suffisait qu’elle existât pour remplir ma nuit de sa présence. Je n’étais plus ce corps échoué sur une grève, je m’orientais, j’étais l’enfant de cette maison, plein du souvenir de ses odeurs, plein de la fraîcheur de ses vestibules, plein des voix qui l’avaient animée. Et jusqu’au chant des grenouilles dans les mares qui venait ici me rejoindre. J’avais besoin de ces mille repères pour me reconnaître moi-même, pour découvrir de quelles absences était fait le goût de ce désert, pour trouver un sens à ce silence fait de mille silences, où les grenouilles mêmes se taisaient.
Non, je ne logeais plus entre le sable et les étoiles. Je ne recevais plus du décor qu’un message froid. Et ce goût même d’éternité que j’avais cru tenir de lui, j’en découvrais maintenant l’origine. Je revoyais les grandes armoires solennelles de la maison. Elles s’entrouvraient sur des piles de draps blancs comme neige. Elles s’entrouvraient sur des provisions glacées de neige. La vieille gouvernante trottait comme un rat de l'une à l’autre, toujours vérifiant, dépliant, repliant, recomptant le linge blanchi, s’écriant : « Ah ! mon Dieu, quel malheur » à chaque signe d’une usure qui menaçait l’éternité de la maison, aussitôt courant se brûler les yeux sous quelque lampe, à réparer la trame de ces nappes d’autel, à ravauder ces voiles de trois-mâts, à servir je ne sais quoi de plus grand qu’elle, un Dieu ou un navire.
Ah ! je te dois bien une page. Quand je rentrais de mes premiers voyages, mademoiselle, je te retrouvais l’aiguille à la main, noyée jusqu’aux genoux dans tes surplis blancs, et chaque année un peu plus ridée, un peu plus blanchie, préparant toujours de tes mains ces draps sans plis pour nos sommeils, ces nappes sans coutures pour nos dîners, ces fêtes de cristaux et de lumière. Je te visitais dans ta lingerie, je m’asseyais en face de toi, je te racontais mes périls de mort pour t’émouvoir, pour t’ouvrir les yeux sur le monde, pour te corrompre. Je n’avais guère changé, disais-tu. Enfant, je trouais déjà mes chemises. – Ah ! quel malheur ! – et je m’écorchais aux genoux ; puis je revenais à la maison pour me faire panser, comme ce soir. Mais non, mais non, mademoiselle ! ce n’était plus du fond du parc que je rentrais, mais du bout du monde, et je ramenais avec moi l’odeur âcre des solitudes, le tourbillon des vents de sable, les lunes éclatantes des tropiques ! Bien sûr, me disais-tu, les garçons courent, se rompent les os, et se croient très forts. Mais non, mais non, mademoiselle, j’ai vu plus loin que ce parc ! Si tu savais comme ces ombrages sont peu de chose ! Qu’ils semblent bien perdus parmi les sables, les granits, les forêts vierges, les marais de la terre. Sais-tu seulement qu’il est des territoires où les hommes, s'ils vous rencontrent, épaulent aussitôt leur carabine ? Sais-tu même qu’il est des déserts où l’on dort, dans la nuit glacée, sans toit, mademoiselle, sans lit, sans draps…
« Ah ! barbare », disais-tu.
Je n’entamais pas mieux sa foi que je n’eusse entamé la foi d’une servante d’église. Et je plaignais son humble destinée qui la faisait aveugle et sourde…
Mais cette nuit, dans le Sahara, nu entre le sable et les étoiles, je lui rendis justice.
Je ne sais pas ce qui se passe en moi. Cette pesanteur me lie au sol quand tant d’étoiles sont aimantées. Une autre pesanteur me ramène à moi-même. Je sens mon poids qui me tire vers tant de choses ! Mes songes sont plus réels que ces dunes, que cette lune, que ces présences. Ah ! le merveilleux d’une maison n’est point qu’elle vous abrite ou vous réchauffe, ni qu’on en possède les murs. Mais bien qu’elle ait lentement déposé en nous ces provisions de douceur. Qu’elle forme, dans le fond du cœur, ce massif obscur dont naissent, comme des eaux de source, les songes…
Mon Sahara, mon Sahara, te voilà tout entier enchanté par une fileuse de laine !
Antoine de Saint-Exupéry,Terre des hommes_IV L'avion et la planète_Extrait.
“There are those who look at things the way they are, and ask why... I dream of things that never were, and ask why not?” Robert F. Kennedy
"J’ai voulu les [les toiles du message biblique] laisser dans cette maison pour que les hommes essaient
d’y trouver une certaine paix, une certaine religiosité, un sens à la
vie (...) Peut-être dans cette maison viendront les jeunes et les moins
jeunes chercher un idéal de fraternité et d’amour tel que mes couleurs
et mes lignes l’ont rêvé (...) Je voudrais aussi qu’en ce lieu on
expose des oeuvres d’art et des documents de haute spiritualité de tous
les peuples, qu’on entende leur musique et leur poésie guidée par le
cœur"
Il Museo Nazionale Marc Chagall, museo monografico e tematico, è nato dalla volontà dell'artista di riunire in un unico luogo il suo più importante lavoro sulla Bibbia: e diciassette tele cha compongono il Messaggio Biblico.
L'architetto scelto per la costruzione del museo, effettuata in stretta
collaborazione con lo stesso Chagall, fu Andrè Hermant (1908-78). Le
vetrate dell'auditorium e il mosaico del parco integrano l'opera
dell'artista all'architettura del luogo.
Le Musée national Marc Chagall, musée monographique et thématique, est né de la volonté de l’artiste de rassembler en un lieu unique et construit à cet effet son plus important travail sur la Bible : les dix-sept toiles qui composent le Message Biblique.
L’architecte choisi pour la construction du musée, effectuée en étroite collaboration avec Marc Chagall, fut André Hermant. Hermant (1908-1978). L’auditorium du musée est éclairé par trois vitraux également réalisés par l’artiste. Ces vitraux et la mosaïque, intègrent intimement l’œuvre de l’artiste à l’architecture du lieu.
Depuis la mort du peintre en 1985, le musée, toujours porteur de l’universalité du message de Chagall, continue à évoluer. Peu à peu se dessine pour lui un nouvel avenir : de musée thématique il se transforme en musée monographique à part entière, témoignant à la fois de la spiritualité de l’œuvre de l’artiste, de son inscription dans les courants artistiques du XXème siècle et de sa continuité avec l’art des siècles passés.
Le prime 12 tele rappresetano episodi della Bibbia la cui esposizione segue volutamente un ordine che non è quello cronologico:
Il colore è protagonista, negli sfondi, nei dettagli, nei contrasti, nella sua assenza -come nel caso dell'arcobaleno dopo il diluvio- e nella sua esclusività come nella scena raffigurante il diluvio universale, che osservato da dentro l'arca acquista un'atmosfera di umanità e di gioia inaspettati:
Il museo presenta numerose opere di Marc Chagall che non hanno carattere biblico. Esse sono come delle tracce della carriera e della vita dell'artista. Tre città figurano infatti al cuore della sua creazione: Vitebsk, la sua città natale, Parigi, dove conclude la sua formaziione dal 1910 al 1914 e dove si stabilisce nel 1923 e Vence, dove acquista una casa nel 1949 al suo ritorno in Francia dopo la guerra.
Le musée présente de nombreuses oeuvres de Marc Chagall qui n’ont pas un caractère biblique. Ces oeuvres sont comme des traces de la carrière et de la vie de l’artiste. Trois villes figurent au cœur de sa création : Vitebsk, sa ville natale, Paris où il achève sa formation de 1910 à 1914 et où il s’installe en 1923 et Vence, enfin, où il achète une maison en 1949, à son retour en France après la Guerre.