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Aux jours pluvieux qui se raccourcissent, aux ruisseaux qui glougloutent dans les prés, aux landes silencieuses dans la bruine que seul le croassement de quelque corbeau vient transpercer, à ces talus couverts de mousses et de feuilles mouillées je dédie ces quelques lignes en échange de ces beaux cèpes qu'elles a offert au cueilleur de champignon solitaire. Il est parti avec Bobby son chien alors que le jour pointait à peine. Derrière lui se dégageait une odeur de cigarette grillée. Il a marché dans la prairie marécageuse, s'est arrêté quelques instants devant l'ancien lavoir en pensant aux heures de son enfance quand les lavandières battaient le linge en racontant les ragots du village. Il s'est rappelé avoir retourné leurs caissons, y avoir trouvé un nid de paille et miracle du bleu de méthylène ainsi que de l'eau de javel. Il s'en souvient encore du bleu qui se répandait dans le lavoir puis empruntait le fil de l'eau qu'il suivait en trottinant. Il se souvient aussi de ce lavoir qui vidé de son eau livrait ses secrets avec des anguilles à plein seau.
Il a aspiré encore une longue goulée, a toussoté, la fumée s'est élevée en volutes se mélangeant aux fines gouttelettes en suspension dans l'air. Bobby assis sur son arrière train attentif observait sont maître. Puis il est reparti, il a franchi le talus derrière lequel le ru aux sables d'or se fraie un chemin incertain allant jusqu'à disparaitre en chemin pour un peu plus loin réapparaître. Il a enjambé cet obstacle ou auparavant il venait jouer avec des moulins confectionnés de ses propres mains. A l'orée du bois, entre landes, châtaigniers et pins maritimes il a redoublé d'attention comme lorsqu'il était enfant il a longé les talus, écrasé du pied les landes à la recherche du cèpe qui pour lui est le roi des champignons. A cet homme qui vit en communion avec la nature, à cet homme qui est mon frère et qui ma donné une cagette de cèpes.
L'écluse du moulin de Kerivarch (*)
(*) Lanvénégen Morbihan
Sur ces terres de bruyère et de landes soufflées par les vents du large, que l'on soit du Finistère ou du Morbihan ou des autres départements bretons la fougère fait partie du décor. L'hiver elle tisse un manteau brun dans les moindres recoins de végétation comme ultime protection à la faune et la flore qui se tapit en son abri. Au printemps elle sort vigoureusement de terre puis déploie les crosses qui deviendront ombrelles au début de l'été. Enfin quand passe le cycle des saisons, que viennent les prémices de l'automne la fougère frissonne et prend une parure fauve qu'elle conserve jusqu'au nouveau printemps. Lorsque les nouvelles frondes surgiront du tapis de mousse, les vieilles tiges usées par les assauts de l'hiver retourneront à la terre nourricière pour que les cycles végétatifs se perpétuent.
Au nom de la fougère :Dès lors est-il étonnant de retrouver la présence de la fougère dans de nombreux lieux-dits ou même nom de communes en Bretagne ? A commencer par la ville de Fougères en Ile-et-Vilaine dont on trouve l'étymologie de Felger en breton et Foujerr en gallo. L'autre nom de la fougère en breton est raden qui a laissé son nom à beaucoup de lieux-dits exemple Radennec, Keradennec. La nom de la commune de Rédéné dans le Finistère serait issu en fait d'un nom breton-roman : Rédéné était connu sous le nom de Radenix en 1150 ! Avec les quelques chaos que je connaisse dans cette commune je me prends à rêver que cette terre de landes , d'ajoncs et de bruyères dominée par la silhouette des pins maritimes aurait pu être une terre d'aventures pour Astérix et Obelix.
Festival interceltique 2009 :
Les artistes acadiens venus à Lorient pour le festival 2009 jouaient tous les jours de 14H30 à 2 Heures du matin dans le pavillon de l'Acadie.Voici une liste non exhaustive des groupes présents : La Virée, Ode à l'Acadie, Tradition, Dominique Dupuis et le duo formé de Stephen Leblanc et Remi Arsenault ainsi que quelques extraits Youtube pour saisir l'ambiance qui régnait en ce lieu qui attire entre 60.000 à 70.000 visiteurs durant les dix jours du festival.
An tour tan
Au sujet de la musique acadienne : voir ce lien
Mes impressions :
Les musiciens revisitent les airs québécois et parlent avec humour de la vie quotidienne et de leurs relations avec leurs voisins anglophones. Ils sont "of course" parfaitement bilingues et s'expriment également en anglais dans quelques chansons. Leur musique est participative, elle crée du swing dans le pavillon donc le plancher de bois tremble sous les pieds. Il y a de la chaleur et beaucoup d'énergie qui chauffe un public à l'unisson avec les musiciens.
Je vous suggère de vous imprégner de cette musique vibrante et joyeuse. On estime que durant le festival soixante à soixante dix mille spectateurs sont entrés dans le pavillon de l'Acadie c'est dire s'ils sont appréciés par le public lorientais. Tellement appréciés qu'ils sont présents au festival interceltique pour la cinquième année consécutive.
Les raisons d'un tel succès selon mon point de vue :
Leur chansons parlent de la vie quotidienne avec beaucoup d'humour et de poésie. Les expressions fleurent bon le vieux français celui qu'ils ont conservé depuis le 18e siècle alors que nous français l'avons perdu. Les chansons expriment les valeurs traditionnelles qui mélangent racines, terroir, authenticité, vie sociale et amour. Et puis leur musique est un melting pot de musique écossaise, irlandaise et de folk américain.
Les chanteurs occupent la scène en permanence, ne laissant aucun répit aux public. Leur répertoire est d'une richesse incroyable. La musique est souvent participative en interaction avec le public : Illustration par l'image.
Ce sont ces moments de joie et de gourmandise d'enfants qui préparent leurs souvenir de demain où se conjugueront le souvenir nostalgique de la sortie familiale, le bonheur de la fête, les musiques et les lumières attirantes et la convivialité populaire dans une ville ouverte de bord de mer.