Retour dans la Bretagne des terres : Le printemps est officiellement arrivé, la nature quant à elle le réalise à peine. Alors que les violettes fleurissent, que les bourgeons grossissent et éclatent, que l'herbe se fait plus drue, certaines plantes conservent leur parure hivernale pourpre en attendant que la végétation envahisse les lieux offrant leur beauté singulière et saisissante.
L'ajonc prospère en Bretagne il y trouve sa place sur les talus et les espaces en friche à condition que la luminosité soit bien présente. Dans l'arbre encore dépouillé bouillonne la sève. Dans quelques jours les bourgeons tuméfiés éclateront et les première feuilles apparaîtront.
A côté du phare, sentinelle de la mer, un chemin entouré d'épineux torturés par le sel et le vent marin descend jusqu'au pied de la falaise. A cet endroit les pêcheurs locaux amarraient leurs embarcation. Depuis la construction d'une digue rive gauche et la modernisation des armements, cet amarrage est utilisé occasionnellement par des pêcheurs de loisir. Je vous le disait, l'endroit est authentique.
Au pied des falaises un ultime escalier ouvre l'accès à une plateforme rocailleuse recouverte d'algues. Sur la droite apparaît le niveau de la falaise rousse caractéristique des rochers exposés au climat marin océanique humide : la falaise couverte de lichens indique ainsi le niveau de la mer à marée haute. Aussi loin que les yeux peuvent porter on voit l'océan qui se déploie dans la profondeur de la ria. Et des bateaux de pêche en mouillage attendant une prochaine expédition de pêche côtière. Plus en arrière plan le village typique s'étale sur les coteaux de la rive droite où veille le deuxième phare gardien des marins qui croisent au large pour les guider dans le passage entre les récifs.Cette maison construite il y a de nombreuses décades montre comment il est possible de dénaturer le littoral sous le prétexte d'être au plus près de la plage. La volonté de l'occupant était vraisemblablement d'avoir un accès privatif à la plage. De ce point de vue c'est gagné mais à vouloir être trop près d'un élément aussi vivant que l'Océan la falaise qui expose ses flancs aux tempêtes inulectablement recule jusqu'au jour où la maison victime de l'érosion s'effondrera enlevant ainsi une verrue de la zone littorale.
Quand on parle de loi littorale, les photos prises montrent bien que cette loi n'est pas appliquée ou que les constructions sont à la limite du possible. Et le résulat final est désastreux. Vraisemblablement l'accès au littoral est-il maintenu mais le caractère sauvage de cette côte est en train de disparaitre sous l'effet des coups de pioche et de la truelle des constructeurs et des promoteurs. Et sincèrement quel intérêt de poster sa maison à quelques mètres d'un océan qui n'est pas aussi amical que l'on pense, détériorant sans arrêt les bâtiments, huisseries, peintures et toitures...Promeneurs qui passez en ces lieux, réalisez le travail remarquable réalisé par le conservatoire du littoral. Derrière les palissades, la nature reprend progressivement ses droits en occupant l'espace qui lui a été restitué. Au passage une pervenche émerge à travers les herbes tel un soleil émergeant des nuages.
Les palissades protègent désormais des zones où les graminées et les espèces peuvent connaître des cycles de végétation qui ne sont pas contrariés par la présence humaine. Il reste au photographe une vision graphique qui se décline en forme de vagues et de courbes qu'il n'est pas difficile d'exploiter pour en faire une bonne image.